Méditer quotidiennement ? Plus facile à dire qu’à faire ! – par Olivier De Keyser, instructeur de méditation de pleine conscience

par | Août 21, 2020

Méditer quotidiennement ? Plus facile à dire qu’à faire !

Olivier – notre instructeur de méditation de pleine conscience – nous révèle les défis posés par l’intégration d’une pratique régulière de méditation dans son quotidien et nous partage les moyens qu’il a mis en place pour les dépasser.

Diminution du stress et des dépendances, amélioration du sommeil, de la concentration, de la relation à soi et aux autres, atténuation des réactions d’impulsivité, meilleure connaissance de soi, de nombreux de bienfaits sont attribués à la méditation. Et l’écho qui y est donné, notamment dans les médias, pousse beaucoup de monde à tenter de la pratiquer.

On la présente comme une pratique à adopter quotidiennement, voire même à tous moments. Un peu comme une hygiène de vie à acquérir pour améliorer son équilibre personnel.

Une pratique quotidienne, le Saint-Graal ?

Il est vrai qu’une pratique fréquente est importante pour que des effets puissent se faire sentir à moyen et à long terme. La méditation est, de ce fait, connue pour exiger une certaine discipline.

Réussir à mettre sur pause le mode actif dans lequel nous sommes le plus souvent requiert un certain entrainement. Car nous sommes en permanence soumis à une double pression : la pression sociale, extérieure, mais également celle que nous nous mettons à nous-mêmes. Et nous sommes pris par des flux de pensées continus à propos de ce qui s’est passé ou ne s’est pas encore produit. Dans ce contexte, créer l’espace pour ralentir notre rythme et développer la présence à soi, de façon régulière, n’est pas chose aisée.

Pourtant, plus on développe cette habitude, plus cet espace peut s’installer naturellement. C’est un peu comme entrainer un muscle ou apprendre à jouer un instrument : on a besoin d’un exercice régulier pour que la pratique produise ses effets.

Plus facile à dire qu’à faire !

Oui, plus facile à dire qu’à faire, car tous, nous manquons de temps. Certains invoquent en outre un manque de guidance, de soutien ou d’expérience, ou encore d’un espace adéquat. Toutes ces raisons peuvent, à juste titre, représenter des défis. La bonne nouvelle est qu’il existe des solutions pour les dépasser !

Vous souhaitez vous y mettre ? Je vous partage bien volontiers quelques moyens que j’ai moi-même mis en place et qui m’ont permis de développer plus d’harmonie dans mon quotidien au travers d’une pratique régulière de la méditation.

Un environnement calme et inspirant

Méditer – selon la définition utilisée dans le cadre de la méditation pleine conscience  (« mindfulness ») – implique de poser son attention sur les phénomènes qui se déroulent dans l’instant présent, avec curiosité et sans saisie. Quiconque s’est déjà prêté à l’exercice sait combien il n’est pas évident. C’est dû à la nature indomptable de notre esprit qui est sans cesse attiré par de multiples distractions. Alors qu’un environnement bruyant ou distrayant peut représenter un obstacle, un environnement paisible et présentant peu de perturbations visuelles et auditives soutient le développement de la concentration. Je conseille de choisir un tel endroit et de le dédier à sa pratique afin qu’il soit une base sur laquelle on peut revenir se poser. Il n’est pas nécessaire d’y placer des bougies, des statues ou d’autres objets assimilés de près ou de loin aux pratiques contemplatives. Le principal est que le lieu soit soutenant – voire inspirant – pour la pratique. A chacun de sentir…

Le soutien de mon entourage

L’établissement d’une pratique régulière impliquant d’être dans la solitude et dans le calme pendant un certain temps, il importe de tenir compte des personnes avec qui l’on habite. Car si cette nouvelle priorité est évidente pour celui ou celle qui la choisit, elle ne l’est pas nécessairement pour ceux qui l’entourent ! C’est d’autant plus difficile lorsqu’on a une famille et les obligations qui en découlent…

Dès lors, lorsque vous vous lancerez, pensez à sensibiliser votre entourage à cette nouvelle habitude et expliquez-lui en quoi elle consiste, ce qu’elle représente pour vous, le calme dont vous avez besoin, etc.

Le choix du moment adéquat

Le moment adéquat dépend de chacun. Certains privilégieront le matin, d’autres le soir ou encore d’autres moments de la journée, en fonction des routines déjà installées. Par exemple, d’aucuns profitent du matin, entre le moment où les enfants sont partis à l’école et celui où ils commencent leur journée professionnelle. D’autres préfèrent utiliser leur promenade quotidienne pour marcher en pleine conscience. Enfin, certains attendront pour s’y mettre le moment où tout le monde sera endormi dans la maison et où toutes les activités seront enfin terminées !

« Maintenir ce moment comme un rendez-vous journalier privilégié avec soi-même. »

Il appartient à chacun de tester ce qui lui convient le mieux. Il n’y a pas un moment qui soit meilleur que d’autres. Par contre, je vous conseille de maintenir celui que vous choisirez comme un rendez-vous journalier privilégié avec vous-même.

Pour ma part, je choisis le lever du jour, avant 8h. J’apprécie beaucoup être comme un témoin du réveil de la nature et du lever du soleil. La pollution sonore, notamment due aux voitures, y est moindre. Pratiquer le matin offre l’avantage d’influer sur le reste de la journée. C’est un peu comme si j’étais un musicien qui accorde son instrument pour qu’il dévoile la plus juste résonnance au début du concert.

Établir une durée

Dans toute activité, se fixer un objectif augmente les chances de réussir. Il en est de même pour la méditation. Longue ou petite, la durée importe peu. Ce qui compte, c’est développer des moyens qui soutiennent une certaine régularité. Dès lors, il est conseillé de se fixer un objectif de durée atteignable, afin de ne pas se décourager ni abandonner.

Je conseille de méditer 30 à 40 minutes par jour, en une ou en plusieurs fois (deux fois 20 minutes, par exemple), en y allant progressivement. Et de le faire chaque jour, même peu, plutôt que s’abstenir par manque de temps.

Varier les pratiques

Un autre moyen pour maintenir une certaine régularité est de ne pas être trop routinier. La méditation de mindfulness est une pratique qui vise à développer sa curiosité envers soi et le monde. Dès lors, il est bon de rester vigilant à tout ce qui est là au moment où l’on médite, qui peut-être ne l’était pas à un autre moment.

Je conseille d’alterner les pratiques : pratiquer un scan corporel un jour, réaliser des mouvements en pleine conscience ou une méditation assise un autre jour, par exemple.

Mais la régularité n’est pas tout !

La régularité de la pratique n’est pas une condition sine qua non pour l’expérience de la méditation. Il n’y a aucune contre-indication à expérimenter la méditation lors d’une séance ou d’une retraite, ou de façon sporadique. Même limitée au temps d’une retraite, la méditation peut apporter beaucoup d’effets bénéfiques !

Pour développer un état de présence accru vis-à-vis de soi et des autres, d’autres aspects comptent tout autant si pas plus que la régularité de la pratique que nous avons abordée ici.
Nous aurons l’occasion d’y revenir. Cela ne doit pas vous empêcher de vous lancer.
Pour rentrer en contact avec moi, n’hésitez pas à remplir le formulaire ci-dessous.
Olivier De Keyser

 

 

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