Lâchez-vous les baskets!

Je ne vous apprendrai rien, les émotions sont souvent encore jugées taboues dans notre société actuelle. Et ont carrément mauvaise presse dans le milieu de l’entreprise. A tort! Car nos émotions sont en fait de véritables boussoles intérieures. Et j’irais même plus loin, elles sont vos meilleures amies et alliées. Et font partie intégrante de la personne que vous êtes. En vous renseignant de précieuses informations sur ce qui se passe en vous justement.

Les émotions négatives n’existent pas!

A la base, les émotions sont de pures réactions instinctives, liées à votre instinct de survie. Heureusement qu’elles sont là donc! Et il n’y a pas d’émotions négatives, soyez-en assuré. Ainsi, chaque émotion que vous ressentez a une intention positive pour vous. Et comme nous allons le voir, chaque émotion révèle également un besoin fondamental chez vous qui demande d’être entendu, sécurisé et satisfait. Je le répète donc, il n’y a pas d’émotions négatives.

Par contre, vous pourriez être amené, par la force des choses, à exprimer de manière inadéquate vos émotions. Et c’est souvent là que le bât blesse…et que les relations personnelles avec vos proches ou collègues se retrouvent profondément fragilisées.

La priorité pour vous aujourd’hui, sécuriser vos émotions.

Nous voici depuis peu en phase de déconfinement. Avec l’espoir de reprendre progressivement le cours normal de nos vies et de sortir enfin plus librement. Alors certes si la joie demeure le sentiment qui prédomine, cette phase de transition peut également apporter son lot de stress et de craintes. De colère ou de tristesse.

Tout d’abord, une certaine forme de stress post-traumatique au confinement planétaire peut toujours être présent.

Ensuite, mine de rien, le confinement a été l’occasion de renouer avec le confort de son foyer et de s’y poser (ou « pauser », c’est selon 😉) plus facilement. D’être plus à l’écoute de ses besoins, plus présent à soi au quotidien. D’échapper en partie à la pression inhérente à notre société. De revoir ses priorités et de se focaliser sur ce qui est essentiel et fait sens dans nos vies. De tisser des relations privilégiées avec sa tribu.

Toutes des choses qui risquent d’être mises à mal avec un retour progressif au bureau. Et de déclencher un contre-coup émotionnel.

Pensons ainsi à la peur de renouer avec les files interminables en voiture, d’être confronté à l’agressivité des autres conducteurs, de se retrouver face à des situations tendues et compliquées avec ses collègues et/ou son management. L’inconfort de devoir se lever plus tôt et de courir après le temps alors qu’on a pris l’habitude de rester chez soi. La tristesse de voir les précieux instants de partage avec son noyau proche s’étioler peu à peu.

Autant de situations donc qui peuvent mettre nos émotions à l’épreuve.

D’où cette première étape essentielle en phase de déconfinement qui est celle de sécuriser vos émotions. En vous reliant d’abord à vos émotions et votre ressenti.

Etape #1 : accueillir ses émotions avec bienveillance, douceur et tendresse

Voilà la clé numéro 1 pour aborder cette période particulière. Alors pourquoi me direz-vous est-ce tellement important de se relier à ses émotions, même celles qui vous paraissent inconfortables? Parce que tout d’abord, elles sont légitimes et vous rendent profondément humains. Et qu’elles nous traversent toutes et tous au quotidien. Que ce soit de la peur, de l’angoisse, de la tristesse ou de la colère.

Ma proposition pour vous dès lors, inspirée du philosophe et auteur à succès Fabrice Midal , est dans un premier temps de faire une pause, de vous asseoir tous les jours, de prendre ce temps pour vous. De fermer les yeux, et de nommer les différentes émotions que vous vivez. De ressentir également où elles se marquent physiquement dans votre corps. Ressentez-vous des nœuds dans votre gorge, votre cage thoracique, votre ventre? D’y associer une forme…une couleur…une texture aussi. D’accueillir avec bienveillance, douceur et tendresse vos émotions, telles qu’elles sont et tel que vous êtes aujourd’hui, sans les commenter ni les juger.

Cela vous permettra avec le temps, de retrouver une certaine forme d’apaisement. De vous projeter avec plus de sérénité dans cet avenir qui somme toute demeure incertain. Plus important encore, cet exercice vous ouvrira la porte d’une compréhension intime de vos émotions, au plus profond de vous-même. Pour pouvoir les exprimer ensuite de manière positive et adéquate aux personnes de confiance autour de vous. Et pouvoir de ce fait, satisfaire le(s) besoin(s) fondamental(aux) que vos émotions révèlent en vous.

Etape #2 : exprimer ses émotions & exploration de vos réticences à le faire

Pourquoi tant de réticences à exprimer vos émotions?

Souvent, nous sommes assez réticents à exprimer nos émotions, et il peut y avoir plusieurs raisons à cela :

(1) Très couramment d’abord, votre éducation n’a pas permis ce genre d’expression et vous a au contraire enseigné qu’il convenait d’être fort, voire parfait, en toutes circonstances.

(2) L’expression de vos émotions peut tout simplement vous faire peur, comme si vous alliez ouvrir la boîte de Pandore! N’ayez crainte, car chacune de vos émotions ont une intention positive pour vous et peuvent être exprimées de manière adéquate.

(3) On se sent généralement mal à l’aise face à nos émotions, et plus particulièrement par rapport aux émotions qui nous semblent inconfortables. Pourtant, la clé réside dans le fait de comprendre ses émotions, d’en comprendre les raisons de manière à faire émerger le besoin qui est derrière.

(4) On craint la réaction et/ou le jugement des autres si on exprime ses émotions. Rien de plus normal là aussi et donc, bien évidemment, il s’agit de choisir avec précaution les personnes auprès desquelles vous donnez votre confiance. N’attendez point d’écoute bienveillante de la part de personnes qui en sont incapables. Préservez-vous donc et tournez-vous vers les personnes ressourçantes de votre entourage.

Apprivoisez vos émotions en les exprimant.

Viens donc l’étape de l’expression de vos émotions, après les avoir reconnues, nommées et ressenties corporellement. Cette étape est cruciale pour vous permettre de les traverser et de les apprivoiser, en satisfaisant le besoin qui se cache derrière pour vous. De là découleront apaisement d’abord, mais ensuite aussi un nouvel allant de vie, l’envie, le courage et l’énergie d’aller de l’avant.

Vous pourrez également clarifier sereinement à votre entourage ce qui se passe en vous. Et si votre entourage s’énerve dorénavant, montre de la colère etc., vous serez capable de prendre le recul nécessaire. Et de ne pas le prendre de façon personnelle pour vous. Car vous serez capable d’être à son écoute, de l’aider à comprendre son émotion et à la traverser comme vous l’avez fait pour vous-même. Bien plus constructif que de jeter de l’huile sur le feu et de surenchérir!

Si vous ne les exprimez pas…danger!

Nous avons souvent tendance à vouloir nier nos émotions, voire carrément à les glisser sous le tapis. Nous avons pris pour habitude de prendre sur nous, en préférant opter pour la sur-adaptation face à son entourage…d’étouffer nos émotions par l’hyperactivité et les divertissements en tous genres…Sauf qu’il y a un réel danger à ne pas exprimer ses émotions.

Car vos émotions, en pareilles circonstances, vont s’apparenter à des animaux sauvages, en cage et hyper affamés. Et vont finir par s’accumuler et exploser! Résultat des courses : expression inadéquate de vos émotions, exagération de vos émotions, réactions impulsives, etc. Donc conflits et tensions au rendez-vous, avec généralement de la frustration et la déception qui s’ensuivent.

Etape #3 : allons visiter de plus près l’émotion qu’est la PEUR

La peur nous renseigne qu’il y danger. Et face à un retour progressif au bureau, la peur de revoir cette pression d’un autre temps s’immiscer à nouveau dans nos vies est réelle. Il demeure en outre, avec l’existence des variants au Covid-19, que l’avenir reste incertain. Les médias et réseaux sociaux sont là pour nous le rappeler en permanence en nous insufflant notre dose quotidienne de nouvelles anxiogènes. Le seul souci avec la peur est lorsqu’elle se mue en panique et qu’elle devient paralysante pour votre vie.

Vos besoins face à la peur

Ces besoins sont bien entendu de vous protéger, voire de vous rassurer. Et d’accueillir vos craintes telle une ancienne amie bienveillante, qui vous rend un peu plus visite certes depuis un an et demi. De l’inviter à entrer chez vous pour siroter un thé. D’écouter ce qu’elle a à apprendre sur vous mais surtout pas de lui passer les clés de votre maison et la laisser tout diriger dans votre vie.

Comment adresser votre peur?

La peur a donc besoin d’être rassurée. Elle peut aussi demander d’éviter le danger qui en est la cause, lorsque cela est possible bien entendu. Voici quelques questions pour vous permettre d’adresser votre peur et de l’apaiser :

(1) Pouvez-vous nommer cette peur? De quoi avez-vous peur concrètement et précisément?

(2) Où ressentez-vous la peur physiquement?

(3) Quelle est la probabilité que l’élément qui cause votre peur survienne? Et est-ce vrai? Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer cela?

(4) Pensez à une situation où l’objet de votre peur ne s’est pas produit. Voire carrément où il s’est produit. A quelles ressources inespérées et insoupçonnées avez-vous pu faire appel en vous? Et je me permets de vous poser cette question, car en l’occurrence si vous lisez cet article aujourd’hui, c’est que vous avez traversé et apprivoisé 100% de vos peurs.

Etape #4 : allons visiter de plus près l’émotion qu’est la TRISTESSE

La tristesse survient lors de la perte d’une chose, d’un être cher, d’idées, de valeurs, voire d’illusions (je pensais décrocher ce contrat, obtenir cette promotion, je pensais qu’il m’aimait…). Le fait de voir notre vie privée, avec notre bulle familiale proche, s’amoindrir au fil du temps peut créer un état de “rupture”. Qui fait mal et engendre de la tristesse. Car voir nos enfants grandir tel que nous avons pu le faire en confinement disparaîtra peu à peu. Idem pour les conversations privilégiées avec nos ados et notre conjoint, de visu et à n’importe quelle heure de la journée.  Et cela pourra créer un sentiment de manque, empreint de tristesse.

Vos besoins face à la tristesse

Le besoin prioritaire face à la tristesse, mais qui hélas n’est pas toujours possible, est de récupérer ce que l’on a perdu. Dans le cadre de mon exemple ci-dessus, et face à cette période sans précédent, où les conditions de travail seront fondamentalement transformées, vous pourrez par exemple (si vous le souhaitez bien évidemment) vous fixer des limites saines pour préserver votre vie privée. Ou envisager un autre rythme de travail, à négocier avec votre employeur.

Bien souvent pourtant, vous ne pourrez faire infléchir une situation ou réalité sur laquelle vous n’avez pas de contrôle. Et aussi douloureux cela soit-il, le chemin à emprunter pour vous sera celui du deuil et de l’acceptation. D’un état qui n’est plus. Il n’y a bien souvent d’autres options que celles de laisser couler vos larmes et de panser vos blessures, au mieux et patiemment. Et cela peut prendre du temps, car une cicatrisation ne se fait pas d’un coup de cuiller à pot.

Ne culpabilisez donc surtout pas si vous pleurez régulièrement, c’est tout à fait normal et cela fait partie du chemin à traverser. Pour que peu à peu, votre tristesse puisse laisser place à l’acceptation et vous autorise à renouer avec votre joie profonde et intime.

Une autre idée que je vous partage en période de déconfinement est d’objectiver toutes les étapes douloureuses que vous anticipez et de les écrire. Les mettre à plat par écrit vous permettra d’être moins impacté par la tristesse liée à ces situations futures.

Enfin, fixez-vous des moments de rencontre et des chouettes projets pour le déconfinement avec les personnes qui comptent pour vous et chérissez- les soigneusement.

Etape #5 : allons visiter de plus près l’émotion qu’est la COLÈRE

La colère apparaît lorsque vous subissez un envahissement de votre territoire et que votre espace de liberté, vos valeurs ou vos droits sont piétinés. Imaginez la colère qui pourra poindre le bout de son nez lorsque la pression du bureau reprendra ses droits dans votre vie. Et qu’elle viendra rompre ce « work-life balance » que vous avez pris le temps d’établir et d’enrichir soigneusement lors du confinement…

Et puis cette colère, de manière générale, vous pouvez aussi la ressentir vis-à vis de vous-même, lorsque vous ne vous êtes pas suffisamment respecté dans une situation ou vis-vis d’une tierce personne. Ou lorsque vous avez forgé des attentes trop pesantes sur autrui, attentes qui bien souvent sont déçues. Et engendrent colère et rancœur. Mon invitation dans ce cas particulier est de vous mettre ensemble autour de la table et de créer des ententes valables pour les deux parties, et non des attentes.

Vos besoins face à la colère

La colère étant fortement chargée émotionnellement, il convient de lui trouver un exutoire…à sa hauteur! Alors, criez et exprimez votre rage dans un coussin ou dans la nature. En tout cas, trouvez un endroit où vous pouvez le faire librement et sans entraves. Exercer un sport intensif peut aussi vous aider, grâce à la réouverture des infrastructures sportives.

Exprimer de façon non violente le pourquoi de votre colère me semble être une voie juste à emprunter. En défendant et faisant respecter votre territoire et en vous posant de saines limites. Le pardon pourra également être une option après avoir déchargé l’énergie première de votre colère. Voire même de quitter une situation qui ne vous convient plus, après avoir exploré toutes les pistes possibles. Car comme le dit Mandy Hale, rien n’est plus pénible que de rester coincé quelque part où l’on ne veut plus être.

Enfin, pour ceux et celles d’entre vous qui ont le sentiment qu’on piétine leur territoire au travail, et qui subissent des pressions en tous genres allant de la course effrénée à l’efficacité, au chiffre, jusqu’à la disponibilité H24, je vous invite à réaliser le test que j’ai tout spécialement conçu pour vous à cet effet : “Subissez-vous trop de pression au travail”  . Histoire de poser les jalons d’une reprise positive et constructive pour vous post-confinement, et vous permettre de fixer enfin vos limites.

Etape #6 : renouer avec l’émotion qu’est la JOIE!

C’est là bien sûr que je souhaite plus que tout vous emmener! De renouer avec votre émotion infinie de joie après avoir traversé et apprivoisé votre peur, votre tristesse ou votre colère. Ressentir de la joie constitue le sel de la vie, alors donnez-vous en à cœur joie❤. Et cette joie sera d’autant plus savoureuse et intense lorsque vous regarderez en arrière et apercevrez le chemin parcouru pour y arriver, depuis mi-mars 2020. Aussi il est important de célébrer cette joie retrouvée et de la partager avec vos amis et collègues proches. Et profitez-en pour laisser s’exprimer votre créativité et marquer le coup 😊!

Autre bienfait des moments de joie, ils vous permettent d’identifier les besoins et les valeurs qui ont été satisfaits en vous. Alors prenez en de la graine car c’est là que se situent vos priorités.

Avec toute ma bienveillance❤,

Anne.

https://centrepsyche.be/team/anne-schryvers/

 

 

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